Club Auvergne Papier-Monnaie Chamalières

En cette année de commémoration du centenaire du début de la guerre de 1914 – 1918, nous nous devions, dans notre domaine, de faire connaître les événements financiers qui accompagnent hélas tous les conflits. Deux causeries (voir notre site internet), l’une du 24 janvier 2004 était consacrée aux billets de nécessité de la guerre de 1914 – 1918 en Auvergne avec toute l’importance qu’ont joué les chambres de commerce du Puy de Dôme et la région économique pour permettre de « commercer » en cette période de pénurie de monnaie divisionnaire. La deuxième du 20 décembre 2008 avait pour but de revisiter l’histoire des célèbres certificats de « versements d’or de la Banque de France » permettant au pays de soutenir l’effort financier, hélas indispensable, commun à tous les pays en guerre. Ce troisième volet concerne les émissions de la « Trésorerie aux armées en 1917 – 1919 ».

LES RAISONS DE CETTE EMISSION

Les métaux précieux (or, argent) ou stratégiques pour l’armement (bronze, cuivre) étaient ponctionnés par l’Etat. En ce qui concerne les pièces en argent, les valeurs de 50 cts, 1 franc et 2 francs du type « Semeuse de ROTY », bien que largement thésaurisées, ne devaient pas tomber aux mains de l’ennemi. C’est pourquoi la TRESORERIE AUX ARMEES émit des « bons de monnaie » à circulation forcée dans les zones militaires pour remplacer ces pièces. En plus de cet usage militaire, ces bons servirent aussi au remplacement des « bons communaux » émis dans les régions occupées par les Allemands.

NOTA : curieusement, la pièce de 5 francs (l’écu) ne fut pas concernée, certainement à cause de son retrait progressif et son remplacement par les billets Banque de France de 5 francs (bleu puis rose). Pourtant cette 5 francs en argent ne sera démonétisée qu’en …. 2005.

HISTOIRE DE LA TRESORERIE AUX ARMEES

Le 18 Frimaire an XII, Napoléon-Bonaparte change les « payeurs de la guerre » qui suivent toutes les campagnes militaires en « PAYEURS EXTERIEURS du TRESOR », placés sous l’autorité du payeur général. Ce service était commun aux armées et à la Poste. Après quelques changements, une loi du 31 janvier 1921 consacrera de nouveau la séparation des services de la Trésorerie aux armées et de la Poste aux armées. Par décret du 10 janvier 1980, les bureaux payeurs sont dissouts et intègrent les bureaux militaires dans le réseau paieries particulières civiles. Seul subsiste le bureau de liaison de la Trésorerie aux armées.

LES BILLETS DE LA TRESORERIE AUX ARMEES

Pensant certainement que la guerre sera courte, une première série de coupures de 0,50, 1 et 2 francs fut émise en 1917 avec la notion de remboursement dans les 2 ans qui suivront la cessation des hostilités. Une deuxième série, émise en 1919, porte le délai de remboursement à 4 ans. Pour tous les autres éléments, les billets sont identiques.

NOTA : il n’y a pas eu d’émission du billet de 2 francs en version « 4 ans ».

CARACTERISTIQUES GENERALES

D’après l’œuvre de L. VALLEE – Imprimerie Nationale

BILLET de 50 centimes : couleur et impression en BLEU – Format 65 x 100mm

1èresérie (2ème année) : série A à Q

2ème série (4ème année)) : série de R à Z et A1 à C1

NOTA : bien que les séries B1 et C1 soient cotées dans le Fayette, aucun pointage ne confirme sa mise en circulation

BILLET de 1 franc : couleur et impression en BRUN – Format 65 x 105mm

1ère série (2ème année) : série de A à M et M2 (M2 rare)

NOTA :

2ème série (4ème année) : série de N à Z et de A2 à M2 (après le n° 400 000 !)

BILLET de 2 francs : couleur et impression en MAUVE – Format 70 x110mm

1 seule série (2ème année) : série A à C

NOTA : la lettre C est rare (4 exemplaires connus)

Que dire en conclusion de ces « petits billets » de la Trésorerie aux Armées ? Peut-être qu’ils sont attendrissants et pleins d’espoir : cette épouse l es bras tendus, cette jeune fille brandissant une couronne de lauriers, ce jeune enfant dans les jupes de sa mère, et même ce petit chien qui fait la fête au poilu rentrant dans ses foyers. Ils sont aussi dignes d’intérêt, car trop longtemps délaissés. Pourtant ils méritent toute notre attention (difficiles à collectionner en SUP/NEUF) et des découvertes sont encore à faire (le 2 francs série C ne figure pas dans le Fayette 2007) et puis ne les oublions pas en cette année de célébration du centenaire de ce terrible conflit de 1914 – 1918, ils en sont aussi la mémoire visuelle.

Yves JEREMIE

Bibliographie :

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